ONU et pauvreté: le Togo ne peut agir seul

Jeudi 24 Septembre 2009 - 14:54

Nul ne peut nier qu’il n’est pas de pays, aussi puissant soit-il, capable de résoudre seul les problèmes économiques, sociaux et environnementaux - le Togo, et le président Faure Gnassingbé, pas plus que d’autres. L’ONU le sait et plaide pour «un agir ensemble dans l’unité». La motivation est-elle que la croissance des pays riches est prévue à moins quatre pour cent alors qu’en Afrique, et en particulier au Togo, elle frôlera les plus deux pour cent? C’est dans ce contexte exacerbé par la crise économique mondiale que s’est ouverte la 64ème Assemblée générale de l’ONU, à New York: le concept de citoyen du monde peut-il pour autant prospérer? C’est là affaire de pédagogie.



ONU et pauvreté: le Togo ne peut agir seul
C’est ainsi que ce mercredi, le Secrétaire général de l'ONU, M. Ban Ki-moon, à l'ouverture du débat général de la 64ème Assemblée générale de l’ONU à laquelle était présent le président du Togo, Faure Gnassingbé, s’est attelé à redonner vigueur au multilatéralisme en exhortant les Etats à agir ensemble et à mener «une action véritablement collective au sein de l'Organisation des Nations Unies». Et le Secrétaire Général de l’ONU de proposer un Pacte mondial pour l'emploi qui favoriserait une croissance équilibrée et durable. Effet d’annonce ou prise de conscience, il n’en est pas moins vrai que le tabou est levé et que le concept de citoyen du monde peut désormais prospérer. Est-ce parce que la croissance des pays riches est prévue à moins quatre pour cent alors qu’en Afrique, et en particulier le Togo, elle frôlera les plus deux pour cent? Il reste qu’en l’absence de réels pouvoirs octroyés à l’ONU, la tentation reste forte de se tourner vers nos gouvernements respectifs eux-mêmes peu enclins à révéler que leur action seule ne peut pas résoudre les problèmes de leurs peuples. C’est le cas pour le gouvernement du Togo de Faure Gnassingbé, comme pour les autres.

«C'est maintenant ou jamais. Il est temps de restaurer l'unité des Nations Unies. Leur unité de but. Leur unité d'action», a plaidé Ban Ki-moon. Il a rappelé qu'il avait voyagé cette année des glaces de l'Arctique aux steppes de la Mongolie et vu de ses propres yeux les effets que les changements climatiques ont sur la planète et sur ses habitants. Est-ce ipso facto une reconnaissance de la responsabilité de la communauté internationale dans les catastrophes naturelles telles que les inondations au Togo au cours de l’été 2009? Ce n’est pas contestable.
«Dans le combat contre la pauvreté, faisons de cette année celle des laissés-pour-compte. Une centaine de millions de personnes risquent de tomber sous le seuil de pauvreté cette année. Les marchés rebondissent, mais ce n'est le cas ni des revenus ni des emplois. C'est pourquoi nous avons proposé un Pacte mondial pour l'emploi qui favoriserait une croissance équilibrée et durable. C'est encore pourquoi, l'année prochaine à cette époque, nous convoquerons un sommet extraordinaire sur les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). À cinq ans de la date butoir, fixée à 2015, nous devons faire un dernier gros effort».
Selon le Secrétaire général, la priorité est donnée «comme de juste» aux femmes et aux enfants. D'après le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), la mortalité infantile a baissé de 28 % ces 20 dernières années. «Nous pouvons espérer des progrès semblables en ce qui concerne la santé et la mortalité maternelles».
Si donc cette 64ème Assemblée générale de l’ONU avait un intérêt pour l’Afrique et le Togo, ce serait celui de clamer haut et fort que la lute contre la pauvreté ne devra plus s’inscrire seulement dans le programme de chaque gouvernement mais bien dans une synergie mondiale planétaire. Dans ce sens, on notera que les efforts du Togo pour renouer avec les institutions internationales qui pourront aider à son développement sont salués par la presse américaine: «Le Togo est parvenu à sortir de son isolement grâce aux efforts menés par le chef de l’Etat  Faure Gnassingbé. Les bailleurs de fonds et les partenaires étrangers sont revenus. Les réformes économiques et la bonne gouvernance sont de nature à attirer l’investissement. Lomé a renoué avec le FMI, la Banque mondiale et a renégocié sa dette avec le Club de Paris», pouvait-on lire mercredi dans le Washington Post.






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